Détox: des vacances sans sucre, sans portable, sans alcool

Depuis quelques temps, j’ai du mal à concevoir le voyage en Indonésie dans des lieux déjà connus. Je vais prendre l’exemple de Bali. Lorsque je mets les pieds à Denpasar, je sais en général déjà qui je vais rencontrer, où je vais loger, où je vais prendre mon déjeuner, mon diner. Chacun de mes pas est connu d’avance, les prix sont déjà largement intégrés et je parle assez couramment la langue pour ne pas être considérée comme une touriste lambda. En réalité, ça fait depuis vraiment longtemps que je n’ai pas voyagé dans un pays dans lequel je ne suis pas en mesure de communiquer avec la population locale. A Bali, mon but est plutôt de découvrir les nouveaux restaurants à la mode, les maisons de thé, de tendre l’oreille dans la rue emplie du son des gamelans. Mais ce que je préfère à Bali, ce sont les odeurs, et j’ai du mal à me penser arrivée à bon port lorsque je reste au sud, sale et sans saveur, plutôt qu’au centre. Les mélanges délicats d’encens et de pétales gorgés de soleil forment un accord subtil que je reconnaitrais parmi cent. Pourtant, mon retour à Bali concorde avec l’organisation de mon voyage, avec un lieu finalement connu et sans surprise. Mais qu’on se le dise, sans surprise n’est pas pour moi un reproche. J’ai choisi de venir dans un lieu connu pour m’occuper de ma paperasse de départ, de mon assurance, de la rédaction de mon mémoire, pour me détacher sans trop de violence de mon quotidien indonésien. Le portable vrombit ainsi toutes les cinq minutes, et à Bali, je reste surconnectée. Il faudra donc attendre mon passage de la frontière Malaise et du Sabah pour m’inventer une excuse : ici, peu d’électricité, pas de portable, pas de connexion. L’extérieur pourra attendre mon retour à KL. 

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Pratique des affaires: Fitness First ou le marketing prédateur

Bonjour tout le monde,

 

Vous ne le savez sans doute pas mais s’il y a bien un lieu qui m’intrigue en Indonésie, c’est les salles de sport en général. Entre lieu de socialisation des élites de ce bien beau pays, culte du corps et de l’esthétisme en général, l’accès à la salle de sport se monnaie ici au prix fort. Comptez 70E/mois avec un engagement minimum de 4 mois et des frais administratifs et d’entrée d’environ 150E. A ce prix là dans un pays comme l’Indonésie, seules les femmes de M.Bidule-super-finance et les M.Hu-petit-chinois-potelé-fortuné peuvent se permettre de venir bouger leur boule au rythme des cours dispensés.

Ici, la salle de sport, ce que soit Celebrity Fitness ou Fitness First, ou encore GoldGym, est « the place to be » pour se tenir en forme et être vu. On y arbore fièrement ses derniers vêtements fitness à la mode et on fait semblant de courir.

Pourtant, j’adore ces salles, malgré le fait que je n’ai jamais souscrit à un abonnement comme j’ai une petite salle de sport rattachée à mon immeuble. En effet, on y trouve des cours divers (cyclisme, fitness, stretch, combat, danse…)  dispensés toute la journée à partir de 6h du matin. Pour les gens un peu matinaux de mon espèce, c’est très pratique. En plus, c’est plutôt bien foutu car chaque appareil de sport permet de connecter son téléphone sur le réseau pour regarder un film ou écouter de la musique. Mes goûts personnels n’étant pas vraiment au rap US, je passe mon tour concernant cela.

Pourtant, malgré ce florilège de choses toutes gentilles que je peux raconter concernant les salles de sport, sachez que j’ai rarement vu pratique marketing aussi aggressive de la part d’une entreprise. Je vous explique.

A l’origine, Fitness First est une chaine de fitness anglaise qui a des salles de sport de partout dans le monde. Pour avoir un peu travaillé sur la thématique de l’implantation de ces chaines au cabinet d’avocat, je peux vous dire qu’en général, une chaîne de sport vend une franchise à un opérateur local. Malgré tout le bon vouloir de la chaîne, c’est l’opérateur qui est en charge du management de l’établissement et du suivi de la qualité des opérations effectuées.

A mon retour en Janvier, je passe à la salle. On peut avoir trois essais gratuits avant de s’engager. Je ne me souvenais plus alors qu’un engagement minimal est de 4 mois et que les frais administratifs d’entrée sont aussi terriblement élevés. Bref. Je me rends chez Fitness First où un conseiller m’attend de pied ferme. Je leur explique mon problème: je ne peux venir que 3 mois avant la fin de mon contrat, et en plus il y a quelques mois ils me proposaient de prendre à leur charge les frais administratif de 40E. Donc je voudrais savoir si je peux ne m’engager que pour trois mois d’usage.

Au lieu de trouver une réponse efficace à ce problème, les vendeurs essaient de me faire tourner en bourrique: « vous pouvez aussi utiliser votre abonnement dans les fitness first à l’international! ». Euh. Ouais. Sauf qu’il y en a ni en France, ni en Suède les mecs. « Oui mais ça ne fait rien, vous pouvez le revendre à un ami ». Oui, euh, sauf que je suis expatriée et tous mes amis ont des salles de sport qui dégomment dans leur résidence. « On vous rappelera ». Oui, sauf que m’appeler sur mon portable personnel pendant les heures de travail, cela m’énerve terriblement. Et me rappeler, ils l’ont fait. Plusieurs fois. Alors que je leur disais que nous ne parviendrions pas à un accord. De plus, je suspecte terriblement le fait que l’entreprise n’ait revendu mon numéro de portable à d’autres entreprise car je reçois depuis de multiples publicités par SMS, ce qui est absolument illégal en Europe… Quelle plaie.

Bref. Avant de vous engager dans une quelconque démarche avec ce type d’entreprise, soyez certain que vous allez effectivement recourir à leurs services, et ne leur donnez JAMAIS votre numéro de téléphone portable, sans quoi j’ai bien peur qu’ils n’abusent totalement de vos données personnelles.

Badri, Ibu et Firman (flashback)

Bonjour à tous,

Ca fait vraiment depuis longtemps que je ne suis pas venue sur le blog, alors que j’ai tant de choses à vous faire partager concernant l’Indonésie. Je me lance donc dans une opération rétro-living, où comment vous raconter d’anciennes histoires alors que je suis tranquillement en vacances en Europe. 

Je voudrais vous raconter l’histoire de Badri, Ibu et Firman, qui sont trois personnes qui ont animé ma vie de quartier lorque je résidais à Tanah Abang 2. Tanah Abang est un quartier de Jakarta plutôt peu considéré, sur la route vers l’est. Il y a une grande mosquée et un marché tout aussi grand, qui tue la circulation sur Jalan Mas Mansyur. 

Avant, donc, j’habitais sur Tanah Abang 2, Cideng Barat, dans un KOS. Et ce qui était vraiment exceptionnel, c’était la vie de quartier dans cet endroit de la ville véritable mix culturel. Je résidais alors chez des Indonésiens d’origine chinoise, avec lesquels je papotais plus en Chinois qu’en Indonésien d’ailleurs. Il y avait l’église et la mosquée aux différents coins du quartier. L’Indonésie est un pays qui fourmille d’astucieux petits boulots, comme celui d’organiser le parking des voitures devant les restaurants côtés. Et à côté de chez moi, il y avait un restaurant à la devanture verte, très muslim: « Bebek Goreng » (comprendre canard frit). 

Ce restaurant étant extrêmement fréquenté, il était donc normal de trouver des personnes vendant des fruits à la sortie, ainsi que plusieurs personnes dont le travail principal était de garer les voitures. Badri, Ibu et Firman plus exactement. Badri et Ibu sont tous les deux mariés. Firman est un bonhomme à la mine joviale qui porte sans arrêt une casquette. Ils m’ont rapidement interceptée dans la rue et m’ont invitée à partager leur banc. Ils ont été mes professeurs de bahasa indonesia à mes débuts, en un sens. Et ils avaient exactement cette approche indonésienne de la religion, de la vie familiale, de la vie de quartier. Ils étaient prêts à se couper en 2 pour que je puisse aller le soir à l’arrêt de bus sans devoir marcher dans la rue. De plus, ils avaient cette tendance un peu terrible à jalouser toutes les personnes qui m’accompagnaient et à contrôler mes relations: « Stéphanie, ne t’approches pas trop de cet homme là, si il t’invite au karaoké tu n’y vas pas » ou encore « il y a un-tel qui te cherchait l’autre fois, tu devrais te méfier de lui! ». 

Lorsque je suis partie d’Indonésie la première fois, ils m’ont demandé de ramener de Bali des cadeaux, des T-Shirt balinais. Lorsque je suis repassée, je les ai laissés à Firman. 

Au final, à un moment, j’en ai eu marre de la vie de quartier envahissante, et vivre en appartement a été pour moi un soulagement comme mes relations avec le personnel sont cordiales, mais pas trop proches non plus. Le fait que je rentre toujours désespérement seule chez moi ajoute au fait qu’ils me respectent je crois. 

Mais quand je repense à Badri, Ibu et Firman, cela me fait quand même rire. Quand j’étais partie, ils m’ont dit: « la prochaine fois que tu viens en Indonésie, si tu as besoin de personnel, tu sais à qui t’adresser! ». 

Contrôle social et pipe en bois

Bonjour tout le monde,

J’ai une histoire sacrément marrante (ou pas) à vous narrer. J’ai eu la chance de passer une très bonne soirée avec mon ami syrien Majd hier soir, dans mon quartier. En effet, Majd recherche un nouveau kos pour se rapprocher du centre ville, et il voulait venir voir à quoi ressemblent les chambres du KOS, qui ne sont pas très chères.

A 16h, retour de Central Park, nous prenons un taxi. Ce n’est pas très loin de chez moi. Nous nous arrêtons non loin de chez moi, mais pas devant chez moi, ce qui a son importance. Nous sortons du taxi et passons devant bebek goreng, l’endroit où mes amis de la rue se prélassent en faisant semblant de bosser.
L’un d’eux se retourne, pointe du doigt en direction de Majd: « Apa? » ce qui de manière assez peu subtile et plutôt vulgaire peut être interprété comme: « Quel est ce demeuré qui t’accompagne? »

C’est mon ami Majd, je leur explique qu’il veut visiter le KOS. Et puis je les laisse en leur disant que l’on viendra manger du bebek, comme Pondol est fermé. Nous passons la sécurité et les gardes nous voient partir vers le KOS. Après avoir papoté une bonne demi-heure de tout et de rien, nous allons chez Bebek pour manger ensemble. Mais voilà, nous repassons devant les gardes. Ils sont 5, le sourire jusqu’aix oreilles: « Vous allez où? » Moi: « Manger du canard, fait faim ». On dirait des mômes au sourire lubrique, c’est particulièrement désagréable.

Badri est devant bebek: « Sudah mandi? » Comprendre: « Déjà douché? » Au début, je pense avoir mal compris. Je le regarde avec un air assassin.

Tout cela pour dire: ici, la communauté a du bon et du moins bon. C’est sympa d’avoir des gens qui prennent soin de vous, mais alors qu’est ce que ça peut être lourd parfois. J’ai l’habitude d’avoir beaucoup d’amis qui viennent chez moi et franchement, ce genre de remarques me donne envie d’arracher des ongles. Ici, c’est une société conservatrice et peu avancée concernant la place de la femme et ses relations avec d’éventuels hommes. Donc ça va faire du bien quand je vais déménager. Cette semaine peut-être.

Bonne journée.
Et plaignez moi, j’aime ça.

Brève

Ce que j’aime ici.
Le fait que même quand je suis seule, je ne suis pas tout à fait seule. Je viens de me poser au Starbucks pour prendre un peu de temps pour mettre à jour le blog et… au bout de quelques minutes, l’équipe est venue me présenter leur nouveau café, mais en fait, ils étaient surtout intéressés pour taper la discussion. Hors, ça tombe bien, il faut que je travaille dur mon indonésien ! D’ailleurs, je vais vous faire part d’un accomplissement du jour ! Je suis ENFIN parvenue à passer un coup de fil en Indonésien sans que ce soit catastrophique. C’est donc requinquée que j’entamerai demain ma prospection.  C’est fou, les boulots, plus tu les maitrises et plus t’y prends du plaisir. Je vais aussi me donner les moyens de rencontrer toutes les personnes que je souhaite/dois rencontrer ici, dans le domaine du social business. Parce que c’est pas le tout, mais j’ai comme un mémoire à écrire !

Back to Jakarta

« Wait for me a moment, you’ll enter the business class »

-The What?

-You’ll have the travel in business class.

-…”

Franchement, je me demande encore si le passeport de service y est pour quelque chose, mais Océanne et moi sommes surclassées sur le vol Doha/Jakarta. 8h de vol en business class, et je ne sais pas tout à fait à quoi m’attendre. Bon, déjà, c’était totalement le hasard si j’ai retrouvé ma copine Océanne dans l’avion, elle qui n’a plus que 3 semaines à passer en Indonésie avant de retourner définitivement en France. Mais en plus, surclassées, à côté l’une de l’autre !

Et quelle rigolade ! La fatigue aidant et l’euphorie de savoir qu’on allait bien dormir et pouvoir boire du bon alcool avant l’arrivée nous a mis dans un de ces états ! On a gloussé comme des greluches pendant 30 minutes avant de s’attarder sur la carte du petit déjeuner et du déjeuner. Mais d’abord, le verre d’arrivée. Un jus d’orange pressé servi avec délicatesse. Régal assuré. Et puis moi, je n’avais pas mangé depuis un bon moment, alors je me suis fait un petit déjeuner juste colossal. Macchiato, muffin, quenelles de saumon, assiette petit déjeuner arabisante avec son humus et son taboulé… J’en rêve encore.

Pif ! Je pousse malencontreusement le bouton qui fait se mettre en position couché le siège. On est vraiment bien installés par ici. D’autant qu’on nous fournit le pyjama, le cache oreilles, la trousse de toilette avec de l’hydratant, un peigne, un baume à lèvres. On a un super casque coupe son pour regarder des films, une grosse couverture bien douillette. Wonderful ! Avec Océanne, on est quand même assez étonnées par la carte des alcools. Bon, d’abord, proposer du XO, du champagne et toute sorte d’alcools forts, moi, ça me fait rire. Mais surtout, la carte des vins. Ni une ni deux, ayant décidé de commander pour le déjeuner du poisson et une assiette de fromage, j’opte pour un Meursault (pour le poisson) et pour un Pomerol (pour le fromage). Océanne tourne au champagne, et je n’ose pas vraiment en commande sachant que je leur fait ouvrir une fortune en bouteille de vin. Bon d’ailleurs, question d’être lourde jusqu’à la fin : « je voudrais que le Meursault soit servi sur le saumon et que le Pomerol soit servi sur le fromage ». Hein. Faut pas déconner.

Tout cela pour arriver à une conclusion terrible : moi qui redoutait Qatar Airways (et gnagnagna, c’est des Qatari, je ne peux pas les aimer, ils sont Qatari, le concept même du pays du Qatar m’énerve gnagnagna…), et bien finalement j’ai été bassement et aisément corrompue par ces 8h pendant lesquels j’ai très bien dormi et très bien mangé. Ralala, ces jeunes, plus aucune valeur ^^. Et aussi : vivement que je puisse commencer à me constituer ma cave.

Bref ! Bien arrivée à Jakarta. J’ai repris mon ancienne chambre le temps de me trouver un nouvel appartement (et ce après m’être battue avec le portail comme je suis arrivée super tard et qu’il n’y avait plus personne pour m’ouvrir).  Je vous donnerai bientôt des nouvelles plus croustillantes. 

Alone in Gare de Lyon

Paris Gare de Lyon, Charles de Gaulle, Doha, Jakarta, 

40kg de bazar,

Une femme peut être une fourmi et transporter les 3/4 de son propre poids,

Quelques cafés plus tard, je pars,

Après avoir vu des gens que j’apprécie,

Sans la rancune de celui qui déménage, encore et encore, 

Avec des rêves d’ailleurs plein le crâne.