Tree House – 3 House – Jakarta

Après le boulot, des fois, on va boire un coup avec des copains. C’est en compagnie de Margaux et Julien que j’ai eu l’opportunité de découvrir un bar vraiment chouette: Tree House. Situé à Kuningan Village, j’ai adoré aller à pied dans cet endroit en sillonnant les tikus (petites allées) du quartier de Setia Budi. J’ai également pu me rendre compte que ce sera beaucoup plus simple pour moi d’aller sur Mega Kuningan dans l’avenir car j’ai un accès très simple à Karet quand je prends un petit bus bleu pas cher nommé angkot, et j’adore marcher dans le coin, y’a plein de petites ruelles avec des maisons très indonésiennes pour passer de Karet à Mega Kuningan.
J’aime tellement le quartier que si nous n’avions pas eu de déménagement au bureau, j’aurais bien cherché un appartement dans le coin  pour l’année prochaine.

En tout cas, Tree House, c’est totalement validé, les bières ne sont pas très chères et je trouve l’endroit vraiment plaisant, avec beaucopu d’Indonésiens qui fréquentent le bar :).

 

 

Le Skye Bar, Jakarta

Le Skye Bar est un endroit que j’ai pu découvrir il y a deux ou trois semaines quand je suis sortie avec des copains de l’Ambassade. Comme l’ambassade est située dans l’immeuble BCA, l’un des plus hauts de la ville, le plus simple en sortant du travail est de faire un tour à Social House ou au Skye Bar. Le Skye se situe au 56e étage du bâtiment, et c’est un bar chic, branché et cher de la ville. Comptez 4E pour un cocktail sans alcool, 8E pour un cocktail avec alcool, et je ne me souviens pas avoir entendu parler d’un happy hour quelconque.

Au niveau du cadre, c’est charmant, un bel espace intérieur est aménagé avec beaucoup de bois et la vue est imprenable sur le centre ville. On y retrouve beaucoup d’expatriés qui travaillent dans le coin, et beaucoup d’indonésiennes très apprêtées. L’ambiance très expatriée ne me plait que lorsqu’elle est très cosy, intimiste. Ici, au contraire, on est dans un endroit où l’on va pour être vu, particulièrement du côté indonésien. Il est par ailleurs assez difficile de trouver une place assise, même en milieu de semaine.

Mais bon, ça reste très près de chez moi, et très joli comme cadre.

 

Nightlife: X2

Jakarta, c’est un peu THE PLACE to be pour sortir en soirée. Je vous a idéjà fait entrevoir les nuits de Jakarta, mais je voulais entrer un peu plus dans le détail, vous faire partager plus de photos et vous donner des avis.
A commencer par mon club préféré dans la ville, à savoir X2. X2 est situé à Senayan, et est fréquenté par un public de plus en plus hétérogène d’étrangers et d’indonésiens. Le club possède une salle électro et la salle la plus grande et la plus fréquentée est celle RnB à l’étage. Le X2 a également une salle executive, à laquelle vous n’accédez que si vous avez un joli minois et que vous êtes européenne. En général, ce petit endroit est bien moins encombré, on y croise des occidentaux friqués sabrant le champagne, les filles avec des robes très courtes, et il y a surtout moins de fumée de cigarette. La fumée est l’une des raisons principales qui fait que je ne sors pas beaucoup à Jakarta. Ca me tue de respirer autant de clope dans une seule soirée.

Bref, ceci mis à part, X2 est un assez bon compromis, il faut payer 100 000Rp pour y entrer, être assez bien habillé si vous ne faites pas partie d’un groupe d’occidentaux. J’aime bien la décoration, et le prix des consommations est assez correct. Je bois peu en soirée donc je ne peux pas tout à fait vous faire un détail.

Cet endroit n’est pas l’un de ceux où on trouve des prostituées de partout, ce qui est aussi à l’avantage d’X2, le rendant moins glauque de d’autres boîtes. La boîte est ouverte jusqu’à 5h je crois.

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Friday night fever… Sang de cobra et singe en brochette!

Bonjour tout le monde!

C’est fort tard que je me lève aujourd’hui, pour une très bonne raison. Hier, je suis allée festoyer. Et comme j’aime faire les choses en grand, je me suis entourée des meilleurs lieutenants pour une soirée inoubliable… Un double espresso bien serré au Starbucks, je peux retrouver Bart, mon ami hollandais, et voguer vers Mangga Besar, lieux assez pauvre du nord de la ville connu pour son night market et ses strip clubs.

Nous retrouvons Difa pour une expérience originale: nous avons décidé ce soir de boire du sang de serpent dans une institution de la ville: Istana Raja Cobra. Ouvert depuis près de 65 ans, ce restaurant est on ne peut plus simple. Quelques tables assez propres, la propriétaire et sa famille vous accueillent avec le sourire. Ce soir, la recommandation du chef: le cobra noir au beurre. Nous avons déjà mangé du saté avant de venir, mais il nous semble impossible de ne pas essayer des denrées proposées à la carte.

A la carte ce soir: du cobra, du python, du macaque, de la tortue, de l'alligator... et j'en passe.

Nous optons pour le partage d’un cobra sauce au beurre et d’un satay de singe, sans riz s’il vous plait. Oui mais voilà, moi, ce qui m’intéresse, c’est de voir les cuisines, sinon c’est pas drôle!!

La propriétaire des lieux nous laisse gentiment aller dans la cuisine, qui ressemble plus à un vivarium qu’à une cuisine en réalité.

L'ami Royal

Mon repas: Lulu

Après avoir sorti le cobra commun du vivarium à l’aide d’une longue pince, le cuisinier lui coupe la tête d’un coup de tranchoir. Il extrait le sang du corps, récupère certaines glandes qu’il rajoutera à notre tasse. Une tasse, un serpent. Et si vous pensez que votre cobra n’est plus dangereux une fois la tête coupée, détrompez vous: il a encore la possibilité de vous mordre pendant d’assez nombreuses minutes.

Extraire le sang

La peau est ensuite retirée du serpent, qui est utilisée pour confectionner des porte feuilles en vente dans la boutique, et la viande est ensuite préparée.

Satay de singe

Concernant le sang, il est mélangé à de l’alcool d’arakh et il faut le boire assez rapidement avant qu’il ne tourne. Le shot étant gros, on sent vite la chaleur qui monte à la tête, mais le fait de ne pas être à jeun annihile les effets de l’alcool. Après avoir consommé sa boisson, il est interdit de boire thé ou café pendant plus de 4h. On ne sait pas pourquoi, c’est juste la règle.

On se demande quand même dans l’affaire si le restaurant propose des espèces en danger, ce qui doit être le cas au niveau de la tortue proposée. J’essayerai sans doute d’aller faire un tour dans ce marché étrange où l’on trouve toute sorte d’animaux vendus, souvent des animaux protégés.

Il a fallu compter ce soir sur 50 000Rp le sang, 25 000Rp le cobra au beurre et 60 000 Rp le satay de singe. Je recommande chaudement le cobra au beurre, qui est un régal: une texture ferme de poisson, un goût assez proche du poulet, une chaire fine, beaucoup d’arêtes ce qui permet de prendre son temps en mangeant. Maintenant, j’ai peut être des super pouvoirs sans le savoir. Je suis peut-être La Vipère des Sables!

Night in Jakarta: Ritz Carlton MegaKuningan

Bonjour tout le monde,

J’espère que vous allez bien. Bon, alors, hier, pour fêter mon visa et pour me changer les idées, je suis allée faire un tour à la soirée salsa du Ritz Carlton de Megakuningan. Nous avons en effet raté la soirée du mercredi faute d’information, mais il semble que c’est une bonne occasion de voir un endroit un peu luxueux de la ville. Le quartier en lui même est étrange, uniquement de nouveaux bâtiments très chics, une sorte de havre de trop de paix au centre de la ville.
Mon ojek met des lustres à trouver la route, car tout est en travaux dans le coin et il est très difficile quand on vient du nord de tourner vers MegaKuningan. 45 minutes de route plus tard, j’arrive cependant. Je voulais m’habiller correctement mais je ne souhaitais pas être handicapée par mes vêtements, petite jupe rouge, chemisier noir, chaussures noires. Nous sommes parés!

Pictures are not from me, I borrowed them on a website, don't hesitate to tell me if you want me to remove them

 

Mistere soirée salsa: picture not from me

Mistere: the cigare bar (pic not from me)

 

Mistere, c’est le nom de l’endroit où nous allons ce soir. J’arrive aux alentours de 8h, alors que des cours sont donnés entre 7h et 9h, cela me permet d’apprendre quelques premiers pas de danse. Je ne suis pas particulièrement bonne pour bouger mon corps sur des rythmes endiablés, mais j’avoue que ce fut un plaisir d’essayer! D’autant que le parquet est en bois, le cadre très beau, ça donne envie de se lancer sur la piste. A partir de 10h, un groupe joue tango, salsa et toutes sortes de danses sud américaines. L’entrée est libre avant 9h, après, il faut payer 8E (100 000Rp).

Ici, il y a beaucoup de femmes d’expatriées qui viennent prendre des cours de danse, y compris des françaises. Je suis heureuse de pouvoir échanger quelques mots dans ma langue natale. Un homme assez âgé m’invite à danser, mais pourquoi pas, au moins, lui, il s’en fiche que je sois nulle en salsa. Il danse d’ailleurs particulièrement bien, et je suis contente de pouvoir partager ce petit moment qui m’a totalement fatiguée d’ailleurs.

Allons donc boire un coup! Hum… Es-tu réellement certaine de ce que tu t’apprêtes à faire? Car oui, au vue du standard du lieux, je m’attendais à ce que ce soit cher, et à 7E la petite bouteille d’eau Evian… C’est tout de suite compliqué. Je prends un jus de fruit à 4E, c’est le moins cher de ce que je trouve sur la carte.

Concernant l’ambiance du lieu, c’est peut-être mieux de savoir un peu danser ou d’avoir un partenaire.La chose qui m’a un peu étonnée, c’est de voir le nombre d’escort boys ici rassemblés, pour faire danser ces dames. Et oui, avoir un joli minois et amuser les riches dames un peu âgées, il semble que cela paye plutôt bien.

Si vous en avez les moyens, vous pourrez déguster les meilleurs alcools et les meilleurs cigares. A 35E le cigare en moyenne.10e la plus petite des bières.

En bref, contente d’avoir pu mettre les pieds dans cet endroit une fois, mais je ne suis pas adepte des lieux de ce genre, et je n’ai tout simplement ni l’envie ni les moyens d’en profiter. Je préfère les lieux un peu moins haut de gamme et avec un esprit plus simple.

Sortir à Jakarta: Jakarta Brew House

Bonjour bonjour!

Jeudi soir, j’ai eu une sorte de petit passage à vide, normal dans les périodes un peu incertaines. Pour me remonter le moral, mes amis m’ont amené à Plaza Senayan (Jakarta Sud), dans un lieu charmant nommé Brew House.

Dans un souci de professionnalisme de ma part (haha), j’ai décidé de vous faire une petite review en m’appuyant sur les critères développés par mes héros personnels: les gars (et filles?) de Crazy Nights in Jakarta, THE blog de référence francophone en matière de nuits débridées dans la capitale indonésienne. Malheureusement, le blog est maintenant à l’abandon… Donc je reprends un peu le flambeau, et je vais essayer de vous parler de mes crazy nights à moi :).

La Brew House, j’y suis allée un jeudi soir, en semaine, et c’était très fréquenté. Le bar se situe dans le mall Plaza Senayan. Je vais faire ma fille, mais ce qui est chouette, c’est que c’est au sous-sol, à l’endroit mignon où il y a plein de bassins avec des groooos poissons! (mode fille off). En ce qui concerne l’agencement du bar, il y a possibilité de s’installer dans des fauteuils et canapés cosy à l’extérieur, pas loin des bassins, mais il y a aussi une partie intérieure assez chouette, à l’éclairage lounge. Détail chouette: on peut voir la salle de billard au sous-sol du sous-sol (oui, c’est concept), car le sol est en vitrage à certains endroits.

Lorsque nous sommes arrivés, nous nous sommes directement installés à l’extérieur. Comptez un gros budget, surtout si vous souhaitez manger: quelques nachos vous reviendront à Rp. 35 OOO  (3E), mais les sandwich sont plutôt à 60 000RP et les plats entre Rp. 80 000  et Rp.160 000. Il y a de la nourriture occidentale, du moyen orient, et également des tapas. Moi, je ne suis pas venue là pour manger, comme on a fait un gros repas, mais plutôt pour boire.

Et quelle n’est pas ma surprise quand je vois des bouteilles de Triple Karmelit trônant sur les caisses qui servent de décoration extérieure. Impossible de trouver le prix sur le menu. Je demande à la serveuse: « Je veux ça, c’est combien? ». Petite bouteille à Rp. 80 000. Aie, j’ai un peu mal aux dents, mais bon, sois riche, trouves toi un job, et tais toi, comme on dit par chez moi :D.

Le boss vient me saluer personnellement: j’ai l’impression que ma blondeur et mon bon goût en termes de bière est un atout pour engager la conversation:

« Les bières viennent de Singapour! Si vous voulez, j’ai de la Trappiste 8! J’avais de la 10, mais c’est parti comme des petits pains!

– Vous avez pas de la Quadruple et de la Rochefort? Je demande ça par hasard hein, mais elles sont super celles-là!

– Ah non, mais on les a eu par le passé! Faut que j’en commande de nouveau! »

Par curiosité, mes amis commandent la même chose, et je suis heureuse de vous dire que je suis peut-être à l’origine d’un début de passion pour la bière.

En bref: Brew House, bonne découverte surtout pour les gens qui, comme moi, sont difficiles en termes de bière. Opportunités selon les arrivages. Vous pouvez aussi vous retrouver juste avec une Heineken si le goût de la pisse bonne bière occidentale vous manque.

En termes d’ambiance, on a eu la chance d’assister à un joli concert avec de belles reprises… C’est une ambiance sympa, pas trop surchargée, c’est confortable… Donc si vous cherchez du bon alcool ou un endroit cosy où vous aurez tout loisir de discuter entre amis, la BrewHouse peut tout à fait vous convenir.

La musique oscille entre rock et pop, ce qui convient normalement à toutes les oreilles. Il semblerait également que le bar retransmette les gros match de football et que le mercredi et le jeudi soit des soirées dédiées aux groupes acoustiques (jam et reprises).

Brew House, Plaza Senayan
Class : High rank
Originalité : Cosy avec plein de très bonnes bières Belge
Nakal : Non, je crois pas
Note : 8/10

Night in Jakarta: Warpres et Bar Code

Bonjour tout le monde!

Un petit retour sur la soirée d’hier qui fut ma foi sympa et fort longue. Allez, je vous « tease » (= je vous fais une bande annonce): On s’est retrouvé à quatre juristes à boire de la bière et à fumer (moi pas mais tous les autres si) dans des endroits bien alternatifs de la ville. Étrange d’ailleurs ce rassemblement de gens parlant avec passion du Code Civil français, c’était un peu surréaliste, d’autant que je devais être celle qui en savait le moins haha.

Donc hier, je suis allée tranquillement manger au Sate Khas Senayan qui se trouve près de chez moi. Je ne voulais pas manger trop de viande (étape post traumatique de la rencontre avec le poulet suspendu à la moto), alors j’ai opté pour des carrés de tofu fourrés aux légumes et frits. C’était fort gras mais fort bon. Bon, par contre, la vision des légumes, c’est avec une crevette au milieu, ça va que je ne suis pas végétarienne.

Petit souci avec le Blackberry, pour le moment je ne comprends pas, je n’ai même pas de quoi envoyer des sms… Chose qui n’est pas pratique. Par contre, j’ai déjà exploré plusieurs niveaux de tous les jeux qui ma fois ne sont pas mal fait du tout. Parfait pour éviter de rouiller vilainement en attendant Ivor le matin. Je Blackberry donc en attendant, car ce soir, Ivor et son ami Samot doivent venir me chercher pour aller dans l’un des endroits les plus importants de la scène alternative et de la musique indépendante de Jakarta. J’ai fort hâte d’y être, car je me demande déjà à quoi cela va ressembler.

Ivor et Samot arrivent, Mira, la petite amie de Samot, nous rejoindra par la suite. Le Warpres se situe dans le sud de Jakarta, et aujourd’hui, c’est session scène ouverte avec des groupes venant de toute l’Indonésie. Le Warpres est un endroit extrêmement important car c’est un lieu d’où ont émergés de nombreux groupes indépendants Indonésien, les producteurs y viennent faire un tour de temps en temps, et ici, on ne vient pas innocemment pour discuter et boire une bière. On est là pour écouter et pour juger de la qualité des prestations.

Dans la voiture avant notre arrivée, Ivor m’explique que Samot et lui sont tous les deux Batak, qu’ils ont tous les deux étudié le droit des affaires à l’université Catholique et que tous les deux sont rentrés à peu près en même temps chez Leks&Co. Université Catholique? Vous êtes Catholiques? Non, nous sommes protestants. Gnééé? Décidément, plus ça va et plus le pays me parait complexe. Chaque « ethnie » a sa manière de voir la religion. Ivor m’explique que les Bataks ont une religion qui leur est propre, et que lorsque les Néerlandais sont arrivés en Indonésie, ils allaient souvent étudier les coutumes Batak qui sont forts spéciales. Sur la page Wikipedia, on apprend en effet que les Batak sont Chrétiens et occupent en général de hautes fonctions dans la société. Par conséquent, je demande pour rire à mes hôtes si les Bataks ont tous des prédispositions à devenir avocats. Ivor me répond que les Bataks ont une très vieille tradition de Cour de Justice Batak. Ainsi, bon nombre des juristes les plus importants d’Indonésie sont Bataks. Puis il me rajoute en riant: « Je suis allé sur la page Wikipedia, je ne sais pas si tu y es allée, mais si oui, tu as du avoir peur, car on parle de nos pratique cannibales ». Il m’explique qu’il y a très longtemps, ces pratiques existaient effectivement, et plus particulièrement concernant certaines personnes jugées coupables par la Cour Batak. Je leur réponds alors que ce n’est pas une pratique très spécifique datant de 1000 ans qui m’effraie, que certains peuples de la région (forts rares) pratiquent encore certaines formes de cannibalisme de manière rituelle et que concrètement, même si c’était le cas pour les Bataks, je n’en aurais absolument rien à cirer. Et au fait, Ivor, ils viennent d’où les Bataks? Ce sont des familles qui sont arrivées du Yunnan lors de la guerre entre les habitants de l’Empire du milieu et les Mongols. Deux des familles ont migré ensemble, s’établissant dans le nord de Sumatra. L’autre famille s’est installée à Sulawesi.

Et puis nous arrivons au Warpres. Franchement, l’endroit a un côté extraordinaire, à moitié ouvert sur le ciel, à moitié fermé, la scène est éclairée et entourée de bassins où voguent gaiement les poissons. Nous nous installons, commandons des cafés. Je veux payer mais Ivor m’en empêche. Ici, on paye pour les invités. Oui, mais, euh, mais… Toute l’étendue de mes interjections/conjonctions en anglais, français et indonésien n’y feront rien. Je ne débourserai pas un kopek pour cette soirée. Diantre, il va falloir se venger.

Les groupes commencent à jouer vers 21h15. Trois chansons par groupe. Il y a de plus en plus de monde ici, les groupes viennent de toute l’Indonésie, certains ont fait un long voyage en avion pour pouvoir se produire ici. Tous les styles underground sont présentés: du métal au rock en passant par le funk, le rock… Globalement, tous les groupes sont techniquement très corrects. La soirée est animée par un petit monsieur extrêmement drôle, qui intervient entre les concerts. Mira est entre temps arrivée, elle étudie le droit pénal et a une voix divine. Ici, la musique, c’est beaucoup de technique, les musiciens sont franchement excellents. Le petit problème réside plutôt dans l’originalité, car il est souvent facile de rapprocher la musique jouée d’un groupe préexistant: ah tiens, funk + Maroon 5, ah ici c’est plutôt métal emo avec trois touches de prog… Ivor m’impressionne par sa connaissance très étendue des groupes internationaux. Samot me glisse: « Tu sais, Ivor est particulièrement doué en musique ». Il m’a dit qu’il jouait de plusieurs instruments, mais je ne savais pas à quel niveau. Ivor m’explique: « Quand j’étais enfant, mes parents ne voulaient pas que je joue. Quand je suis arrivé à l’école, il y avait une salle de musique et un studio, j’ai pris mon argent de poche et j’ai tout mis dans la musique. J’ai touché d’abord une batterie et on m’a dit que j’étais doué, alors j’ai continué. Et puis après j’ai touché un piano et on m’a dit que j’étais doué, alors j’ai également continué. Et puis la même pour la guitare et la basse. J’ai joué dans un groupe en temps que batteur, dans un autre en temps que pianiste. La batterie? J’ai reçu de nombreux prix, je joue surtout du Dream Theater pour m’échauffer. Quand j’ai décidé de faire passer le droit avant tout, tous les amis du milieu musical m’ont fait une tête pas possible. » Je n’ai pas osé lui demander s’il ne regrettait pas cela. Mais je crois qu’il a ses objectifs et qu’il pense que grâce au droit, il sera beaucoup plus utile à sa région natale.

Nous partons vers 23h30 de ce lieu hors du commun, pour aller un peu plus loin à Kembang, près de Blok M.  C’est un quartier très vivant et chaleureux la nuit, avec beaucoup de musique live. Nous nous installons au Bar Code, un magnifique bar ouvert sur la ville, plein de végétation, avec un excellent groupe qui joue. Ici, la musique, c’est sacré, le groupe connaît un répertoire très étendu de chansons, il suffit de demander… Nous aurons eu le droit ce soir à du U2, du System of a Down (acoustique et bien fait), du Led Zep et j’en passe.

Bar Code (désolée, luminosité très faible)

Nous tournons au pichet de Bintang, la bière locale. J’aurais adoré faire goûter des bières Belges aux amis, pour avoir leur avis sur la question. Et puis nous parlons de musique, de droit, de Leks&Co, de M.Leks qui a priori est l’un des plus brillants dans son domaine. Samot voulait plutôt travailler dans le secteur du droit bancaire, et plus particulièrement dans le recouvrement de créances si j’ai bien tout compris. Ici, je ne sais pas si cela tient aux gens que je fréquente, mais j’ai l’impression que le droit des affaires règne en maître suprême et incontesté. Je les fais rire lorsque j’évoque la difficulté d’apprendre les textes de lois indonésien, car en effet, la numérotation est un peu hasardeuse, il n’y a pas vraiment de logique. Ils acquiescent: eux même ont mis beaucoup de temps. Loi sur les limited liabilities companies: n°40 – 2007, loi agraire fondamentale: n°5 – 1960. Ici, il est très compliqué de faire changer une loi. Lorsque je leur explique qu’en droit social, il y a des nouveautés tous les jours et qu’il faut changer de code tous les ans, voire aller plaider avec son Iphone branché pour lire en temps direct les changements effectués, ils rient beaucoup. Ici, on se réfèrera encore pendant un bon moment à la loi de 1960.

Ho les beaux piquets ^^ On dirait qu'on fait une photo de classe ^^

Nous repartons vers 2h du matin, et malgré le fait qu’ils habitent dans le coin, ils me raccompagnent jusque devant la porte de chez moi. Sacrés gentils ces Indonésiens quand même. Et décidément, j’apprends beaucoup en peu de temps (et vous aussi par la même occasion : D).

Programme de demain: je n’ai pas pu refuser l’invitation pour aller assister à une messe à l’Église Batak vers 17h. J’avais été enchantée par ma découverte de la foi Chrétienne à Taïwan avec  M.Corcuff, alors autant sauter sur l’occasion: c’est pas comme si l’on me demandait de me lever à 7h demain.