Malaisie: Sampoerna

Mon arrivée en Malaisie a été source de quelques soucis d’organisation préalable. Alors que je pensais pouvoir trouver un compagnon sur la route, j’ai finalement dû me débrouiller seule. Dans un pays dans lequel je ne parle normalement pas la langue. Dans une région secouée par les instabilités politiques, au lendemain d’élections qui auraient pu poser problème. Le Sabah est une région magnifique qui a été revendiquée par des groupes extrémistes Philippinos par le passé. Je vais faire de la plongée dans un endroit qui avait fait l’objet d’attaques terroristes il y a environ dix ans, avec pour acteurs principaux le groupe des Abu Sayaaf, qui avait enlevé sur l’île de Sipadan des touristes. Depuis, l’ile n’abrite plus d’hôtel et son accès reste largement restreint. Un plongeur doit donc organiser bien en avance son voyage pour avoir la chance d’obtenir un permis pour Sipadan. Quoiqu’il en soit, j’ai décidé de traîner mes guêtres dans un endroits controversé. Arrivée à l’aéroport de KL, je vais m’adresser à un plongeur pour lui demander par quel moyen il compte effectuer le déplacement Tawau-Sampoerna puis Sampoerna-Mabul. La chance n’est malheureusement pas au rendez-vous : le russe hautain, me prenant pour la plongeuse du dimanche que j’assume entièrement être, ne me sera d’aucune utilité. Arrivée à Tawau, je m’adresse à un autre plongeur. Recruté par un centre de plongée, il ne me propose pas du tout d’aide alors que son centre vient le chercher, ce dont je n’ai plus l’habitude. J’en déduis que je commence à prendre trop de mauvaises habitudes dues à ma vie indonésienne : un asiatique d’Asie du Sud Est aurait pour sûr proposé de l’aide dans cette situation. Puisque c’est ainsi, je me débrouillerai sans vous, les boulets. Dans le pire des cas, un taxi à 90MYR (20E) m’acheminera sans doute vers Sampoerna. En sortant, je vois une pancarte brandie par un local : Scuba Junkie. Je connais ce centre de plongée pour leur avoir demandé si un acheminement était éventuellement envisageable, sachant que j’ai effectué une réservation hors de leur centre. Ils m’avaient répondu par la négative. Je m’adresse directement au chauffeur, qui ne parait pas enthousiaste. Un instructeur me prête main-forte, et je m’aperçois que je comprends bien l’accent malais, bien assez pour pouvoir gentiment proposer un prix de 50MYR pour aller à Sampoerna. De toute évidence, le mini bus du centre est loin d’être rempli. Et… le deuxième mec à qui j’avais demandé de l’aide est également de la partie. Nous sommes donc 4 dans le mini bus, Rigan le chinois de Pékin, Hana la néerlandaise, l’instructeur suédois Daniel et moi-même. Nous discutons pendant une heure, le temps que dure le trajet entre Tawau et Sampoerna. Il semblerait que je puisse demander directement une chambre chew Scuba Junkie pour la nuit avant de prendre un bateau pour Mabul le lendemain matin. Coût : 50MYR le lit en dortoir et 60 MYR la traversée. Je me rends ainsi compte qu’ici, tout est beaucoup plus coûteux qu’en Indonésie. Cependant, le dortoire proposé par Scuba était de très bonne qualité et très propre, j’y retournerai sans doute pour une nuit lors de mon retour à Tawau. La soirée est l’occasion rêvée pour moi de visiter Sampoerna pour trouver de l’argent en liquide. Sampoerna pue à plein nez la bourgade malaise sans charme de bord de mer. Et pourtant, j’adore. Je comprends à moitié le dialecte Malais utilisé ici, et je surprends les gens qui me demandent comment ça se fait, que moi avec mon grand pif, je puisse parler la langue locale. Mes pas me mènent près de la mosquée locale. Je dois à ce point vous faire une confession. Il existe une guerre véritable entre l’Indonésie et la Malaisie, visant à la construction de l’identité de ces deux pays. Ils se sont tout disputés : des îles, le contrôle de Malacca, l’origine du batik, la nourriture… En réalité, tout cela pue l’artifice. Je retrouve en Malaisie un fond commun de culture malaise, avec certes des différences, mais beaucoup en commun également. Mais ce qui est drôle, c’est que les Indonésiens m’ont donné une vision tellement négative de la Malaisie que le pays ne m’attirait guère. Et pourtant, c’est une bien belle découverte que le Sabah. Parenthèse close. Alors que je pensais devoir faire particulièrement attention à moi ici, je n’ai pas eu l’ombre d’une menace planant au-dessus de moi, et je continue à penser que le lieu le plus dangereux dans lequel je sois restée soit le sud de Bali, où je ne me suis pas toujours sentie rassurée. Des pirogues longilignes sont à quai pour faire le plein de denrées de consommation disponibles à Sampoerna. A la nuit tombée, elles repartent bondées d’hommes vers les îles avoisinantes.

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2 réflexions sur “Malaisie: Sampoerna

  1. J’aime bien ces aventures ponctuées d’information sur la culture ou politique des pays^^ J’apprends plein de choses 🙂

  2. cette rivalité entre les deux pays est gonflée, ça permet au gouv indonésien de détourner l’attention, il est coutumier du fait mais parfois ça prend des proportions très graves comme en 1998 avec les massacres de Chinois. Bref, plutôt que de montrer les muscles, le gouv indo ferait bien de regarder et prendre exemple sur les aspects positifs de son rival malaisien plus developpé et plus spécialement son système médical

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