A à à la queue leu leuuuuu

Savez-vous qu’un jour, en soirée organisée par un partenaire, j’ai été amenée à danser la chenille avec un ambassadeur et à chanter une chanson en public ? Après ce magnifique teaser digne du prochain Star Wars, quelques explications sont de rigueur.

Je vous avais parlé de ce fameux épisode du Karaoké, dans lequel mon ami ne pourrait « jamais devenir boss comme il n’aime pas le karaoké ». Les Indonésiens ont en effet beaucoup de mal à concevoir le sérieux à la française. Ils interprètent comme du mépris le fait de ne pas souhaiter se joindre aux activités organisées lors d’une soirée.  Et cette soirée était l’une des plus importantes de l’année pour mon partenaire : c’était le Beaujolais Nouveau de Novembre, où sont conviés des centaines d’hôtes. Au programme, l’ouverture officielle du Beaujolais Nouveau par les officiels présents, un petit point sur le beaujolais effectué… par moi-même (même si je n’étais qu’à moitié au courant), du vrai faux french cancan, une compétition de danse, du chant… Pour nous, ça paraît ringard, mais les invités semblent apprécier. Je retrouve un chinois que j’avais croisé lors de la soirée précédente, et mon partenaire me sous-entend à mi-voix qu’il perd de l’argent sur cette soirée, mais qu’il souhaite organiser un évènement festif de ce type là.

Entre deux pas de danse avec un client de mon partenaire, une chanson, quelques verres de trop, je vois bien que c’est une sorte de piège étrange dans lequel je tombe: en me brossant dans le sens du poil, mon partenaire souhaite sans doute de l’aide en retour de ma part. Et aider, lorsque l’on est officiel, ça dérive assez rapidement sur des situations non maitrisables. Par conséquent, soyons aux aguets… et restons en sureté.

Yu Yan, la Française qui parle chinois

Nous sommes en Janvier maintenant, et j’entame mi-figue mi-raisin la nouvelle année. En pianotant sur mon PC, je réfléchis à ce que je pourrai vous raconter concernant l’Indonésie. Je me souviens d’un épisode un peu extraordinaire de ma carrière qui vaut le détour. Oui, ma carrière est toute fraîche, mais j’ai pourtant quelques anecdotes surprenantes à partager. Dans le cadre de mon travail, je suis amenée à fréquenter des Indonésiens ayant de bien belles entreprises.  Et des passions coûteuses, comme les grands crus ou le cognac. Un jour, je suis allée me joindre à un évènement dans un grand hôtel de la ville, avec une association professionnelle assez importante. L’idée : introniser des membres honorifiques de l’association, qui ont, bien entendu, amené bon nombre de bouteilles afin d’effectuer leur promotion. Ça tombe bien, j’aime quand les tables sont recouvertes de verres de dégustation. La petite particularité de cette soirée tient à sa fréquentation : chefs d’entreprises et de grands groupes indonésiens, il semblerait que la plupart des gens parlent ici chinois. Ce qui signifie deux choses : ces personnes, en plus d’être indonésiennes d’origine chinoise, sont également assez âgées. En effet, il est à noter que les indonésiens d’origine chinoise constituent l’une des minorités indonésiennes les plus connues. Bon nombres de bruits courent à leur sujet : ils sont toujours chrétiens, souvent riches, et aux yeux des plus musulmans, ils mangent beaucoup trop de cochon pour être fréquentables. Cependant, bon nombre d’idées concernant les indonésiens d’origine chinoise sont erronées. Il faut en effet souligner que de nombreuses populations pauvres du nord de Jakarta sont d’origine chinoise. C’est aussi assez drôle de voir que les indonésiens d’origine chinoise sont de moins en moins nombreux à parler le chinois. Ce phénomène est dû non seulement  à l’interdiction de la pratique de la langue par Suharto, mais également à l’intégration de plus en plus nette des « chinois » dans la société indonésienne. Par conséquent, les jeunes de moins de 40 ans ne parlent pas un mot de la langue de Confucius. Ce qui me fait revenir à cette fameuse soirée, où tous les chinois indonésiens étaient le stéréotype de l’Indonésien d’origine chinoise âgé et fortuné. Très rapidement, en parlant en mandarin avec les gens, j’ai été désignée comme « Yu Yan, la française qui parle chinois ». C’était assez drôle de pouvoir discuter assez librement avec des gens dans une langue qui n’était pas partagée par mes partenaires principaux de la soirée.

C’est rare mais ça arrive

Parfois, à Jakarta, on est amené à prendre le taxi, qui est fort peu cher.
Les deux compagnies de taxi les plus connues sont Blue Bird et Express.

Et il peut arriver bon nombre d’aventures avec les taxis à Jakarta.

La dernière fois, pour mon plus long trajet habituel (cours de suédois – maison), le mec avait sans doute enlevé ses chaussures et l’odeur de pieds en sueur qui emplissait la voiture à l’atmosphère gelée a failli me faire rendre.

Et puis des fois, on tombe sur un chauffeur hors du commun. Ça peut être le vieux qui connait tellement bien Jakarta que tous les nouveaux lui passent un coup de fil quand ils sont perdus. Ca peut être également ce vieux qui connait toute l’histoire de Jakarta ur le bout des doigts, qui explique l’ère Suharto et ses horreurs tout en faisant de la démocratie une fierté presque personnelle. C’est aussi ça l’Indonésie.