Un petit compte rendu de notre voyage à Derawan 1

Derawan, c’est loin.

Très loin. Pour y aller, avec Julien, il a fallu prendre plusieurs avions. Jakarta – Balikpapan puis Balikpapan – Berau puis une voiture pour remonter au nord de Berau pendant plus de 2h pour enfin prendre un speedboat pour atteindre Derawan.

Derawan, c’est une île, mais également le nom générique donné à l’archipel de 30 îles à l’est de Berau, dans la partie est de Kalimantan. Ce coin est avant tout fréquenté par les touristes aventureux. Et pour cause: il faut prendre une bonne journée avant de parvenir à Derawan, île connue pour abriter les plus grands sites de ponte de tortues vertes.

Nous sommes donc partis de Jakarta à 6h du matin, direction l’aéroport, pour aller à Balikpapan. C’est le premier jour du Ramadhan, ce qui pose quelques difficultés pour trouver de la nourriture. Je suis ravie de pouvoir partir avec Julien, non pas parce qu’il lit ce blog (:D) mais surtout parce que c’est cool de pouvoir partager ce type d’expérience et de voyage. Après du temps de retard à l’aéroport de Balikpapan pour prendre notre second avion, nous sommes finalement parvenus à Berau, dans un vieux raffiot de Batavia Air Line, après de multiples aventures concernant mon billet d’avion, qui avait été réservé, mais pour lequel Paypal a bloqué non seulement ma transaction mais également mon compte. Je me suis retrouvée à Balikpapan avec un billet en réalité pas payé, et il a fallu trouver un moyen de payer un billet à la dernière minute. En arrivant à Berau, heureusement, John nous a accueilli pour que nous puissions prendre la voiture et le bateau.  C’était agréable de pouvoir compter sur quelqu’un pour la fin de notre périple. Nous passons à travers la forêt de Kalimantan (nom de la partie indonésienne de Bornéo), décimée par la déforestation avant de rejoindre notre bateau.

C’est sur une mer agitée que nous avons pris le bateau pour arriver après plus d’une heure de vagues à Derawan. Dès que nous accostons, des enfants nous montrent une énorme tortue, venue se régaler des algues des eaux peu profondes de l’île. Nous prenons notre chambre sur la plage.

Je vais me cantonner aujourd’hui à vous raconter mon impression de l’île. Elle est pleine d’enfants, la population est extrêmement jeune et les habitants musulmans ont pour coutume de laisser les portes de leurs habitations ouvertes.  La vie est simple, les hommes sont pêcheurs et il n’existe que deux fruits cultivés, à savoir les bananes et les noix de coco. Tout le reste est importé de Kalimantan. C’est un microcosme étrange en ce sens que Derawan adapte bien entendu ses prix aux ressources disponibles. Nous avons ainsi mangé d’énormes poissons pour 30 000Rp (moins de 3e) alors que le prix du poulet (importé) est le même que celui du poisson.

Certaines activités économiques laissent à penser que du travail doit encore être fait ici. On le sait bien, les Philippines sont les premiers exportateurs mondiaux de poissons d’aquarium. Nous avons pu remarqué à Derawan des cages avec des poissons également destinés à l’exportation. Heureusement, ce n’était pas réellement significatif en termes de quantités. Mais quand même, c’est à noter. De plus, l’île est connue pour abriter l’un des plus grand trafics d’oeufs de tortue verte. Ces oeufs, d’après les dires de nos hôtes locaux, sont avant tout consommés en Indonésie et ne sont pas destinés, comme je le pensais en premier lieux, à des pays comme Singapour ou la Malaisie. Un oeuf est vendu ici 7000Rp. Quand on voit la quantité de tortues et la quantité d’oeufs pondus dans les environs, on comprend rapidement qu’une action politique est nécessaire, accompagnée de l’éducation des habitants. Sans emplois supplémentaires et investissement sur l’avenir des habitants des îles, on peut être certain que le commerce illégal d’oeufs de tortues va continuer. Rappelons à juste titre ici (source Tempo si je me souviens bien) qu’il ne reste qu’environ 300 000 tortues vertes en Indonésie, que Derawan est le plus grand site de ponte. En comparaison avec des espèce comme la tortue Leatherback (plus que 15000 individus) , c’est beaucoup, mais à l’échelle du monde…

 

 

 

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2 réflexions sur “Un petit compte rendu de notre voyage à Derawan 1

  1. Juste un mot sur la déforestation (voir photos de SP).

    A priori, un arbre, c’est plutôt chiant :

    – Ca veut pas sortir en boîte
    – Ca rapporte pas la balle
    -C’est bicentenaire.

    Mais ce qui est impressionant c’est que les sites de découpe se ressemblent tous : juste des arbres à moitié coupés et laissés là. A croire que le seul intérêt de couper des arbres, c’est justement le plaisir de couper des arbres. C’est dommage, sur ces sites on pourrait construire… :

    – Des terrains de foot
    – Des cathédrales
    – Des distilleries.

    Bref, je dis ça, je dis rien, mais on dirait que ça manque un peu de vision de long terme tout ça…

    • Un peu oui 🙂
      Et surtout, un arbre, ce n’est pas aussi productif qu’un bon vieux palmier où qu’une grosse mine, alors surtout, revenons gaiment sur les quelques lois de protection environnementales indonésiennes et laissons les entreprises s’en donner à coeur joie!

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