Bon mariage!

En Indonésie, si vous êtes jeunes, de bonne famille, riches, beaux, avec des sourires vous fendant le visage en deux, vous serez sans doute ravis d’avoir un mariage parfait avec un jeune gens parfait. Pour marquer ce moment au fer blanc, vous pouvez vous faire envoyer… une cinquantaine de … ça:

Magasin d’animaux à Jakarta

Bonjour,

Voilà l’un de mes premiers posts pas très marrants depuis que je suis de nouveau très active ici. Je me suis toujours dit qu’en Indonésie, je souhaitais voir le beau et le moins beau, ce qui fait de l’Indonésie toutes les difficultés de ce pays. Parce qu’ici, on peut vite être pris dans le travail et les sorties sans se poser réellement de questions concernant l’endroit dans lequel on se trouve. C’est particulièrement le cas en Chine, où beaucoup d’expatriés, surtout dans la région de Shanghai, ont tendance à sacraliser la Chine avec des yeux brillants et des pupilles en forme de dollars.

L’Indonésie, c’est la même chose, mais en plus ou moins pire selon les sujets. C’est une république, donc cela nous choque moins que la Chine, mais d’un autre côté, l’Indonésie pose clairement de nombreux problèmes quand on s’attarde un peu sur son histoire, son actualité, la place de l’individu et plus particulièrement de la femme dans la société.

Aujourd’hui, je vous passe les leçons d’histoire, mais je vous le dis, on va bientôt y venir.  Car aujourd’hui, je suis allée dans un magasin d’animaux en plein air. Et j’ai rarement été aussi déprimée à Jakarta qu’en en ressortant.

Nous autres européens avons des espaces clos où l’on peut découvrir des animaux d’ailleurs. C’est ce qu’on appelle communément un zoo. Ici, le magasin d’animaux joue le rôle d’animalerie et de zoo. J’ai réellement envie d’apprendre mieux l’Indonésien pour être capable de discuter avec les Indonésiens concernant qui peut acheter les créatures que je vais vous montrer. J’en discutais avec mon copain américain Dean, quel est l’intérêt d’acheter une énorme chauve-souris agricole ? On doutait de sa capacité à amener des messages secrets à ses amis.

Après avoir un peu discuté avec le vendeur en faisant semblant d’être sacrément intéressée par un petit chaton tout mignon, j’apprends que certains clients sont extrêmement friands de ces animaux, qu’ils collectionnent plus ou moins. En parlant avec ma propriétaire, elle me dit que certaines personnes très riches veulent absolument avoir un tigre chez elles, et elle me disait : « Mais à quoi ça sert, pourquoi ils n’achètent pas une maison supplémentaire ? » « Et ça mange beaucoup de viande un tigre, ça ne sert à rien ». Acheter des animaux rares semble donc être une sorte de moyen de montrer à ses amis qu’on est sacrément riche. Donc il n’y a pas que les narco mexicains qui aient des goûts un peu étranges en termes de décoration.

1- Malheureusement, toute offre n’existe que grâce à une demande. Quoique parfois, au vue de la logique des affaires en Indonésie, je me pose la question.

2- Comment demander aux Indonésiens de respecter la vie autre qu’humaine quand les gens crèvent de faim?

3- Des fois je me demande si le baromètre du degré d’humanité à l’Occidentale ne se mesure pas par notre respect du vivant.

4- Et pourtant, malgré tous ces beaux arguments de type « voyons, Zaza, ils sont juste peu éduqués », j’ai quand même envie d’hurler au scandale.

Ici, tout le monde touche les animaux, les mamans emmènent leurs enfants voir les lapins, qui à priori plaisent beaucoup. Je vous laisse regarder les photos, ça se passe de commentaire supplémentaire. Et là, on est dans un petit magasin devant Thamrin City, pas dans le grand marché aux animaux, où l’on peut trouver toutes les espèces les plus en danger d’Indonésie, y compris des Orang Hutan.

Contrôle social et pipe en bois

Bonjour tout le monde,

J’ai une histoire sacrément marrante (ou pas) à vous narrer. J’ai eu la chance de passer une très bonne soirée avec mon ami syrien Majd hier soir, dans mon quartier. En effet, Majd recherche un nouveau kos pour se rapprocher du centre ville, et il voulait venir voir à quoi ressemblent les chambres du KOS, qui ne sont pas très chères.

A 16h, retour de Central Park, nous prenons un taxi. Ce n’est pas très loin de chez moi. Nous nous arrêtons non loin de chez moi, mais pas devant chez moi, ce qui a son importance. Nous sortons du taxi et passons devant bebek goreng, l’endroit où mes amis de la rue se prélassent en faisant semblant de bosser.
L’un d’eux se retourne, pointe du doigt en direction de Majd: « Apa? » ce qui de manière assez peu subtile et plutôt vulgaire peut être interprété comme: « Quel est ce demeuré qui t’accompagne? »

C’est mon ami Majd, je leur explique qu’il veut visiter le KOS. Et puis je les laisse en leur disant que l’on viendra manger du bebek, comme Pondol est fermé. Nous passons la sécurité et les gardes nous voient partir vers le KOS. Après avoir papoté une bonne demi-heure de tout et de rien, nous allons chez Bebek pour manger ensemble. Mais voilà, nous repassons devant les gardes. Ils sont 5, le sourire jusqu’aix oreilles: « Vous allez où? » Moi: « Manger du canard, fait faim ». On dirait des mômes au sourire lubrique, c’est particulièrement désagréable.

Badri est devant bebek: « Sudah mandi? » Comprendre: « Déjà douché? » Au début, je pense avoir mal compris. Je le regarde avec un air assassin.

Tout cela pour dire: ici, la communauté a du bon et du moins bon. C’est sympa d’avoir des gens qui prennent soin de vous, mais alors qu’est ce que ça peut être lourd parfois. J’ai l’habitude d’avoir beaucoup d’amis qui viennent chez moi et franchement, ce genre de remarques me donne envie d’arracher des ongles. Ici, c’est une société conservatrice et peu avancée concernant la place de la femme et ses relations avec d’éventuels hommes. Donc ça va faire du bien quand je vais déménager. Cette semaine peut-être.

Bonne journée.
Et plaignez moi, j’aime ça.

La construction sociale des espaces : les Malls

 

Bien le bonjour !!

Sous ce titre pompeusement Sciences Po, j’ai décidé de vous parler de quelque chose d’assez intéressant qui est juste la différence de perception, et donc de construction, des espaces de la cité en Indonésie.

L’exemple le plus probant en est le Mall.

Je me souviens d’une conversation que j’avais eu avec mon boss l’année dernière, qui me disait : « Stéphanie, je ne comprends pas vraiment, j’habite au Mall Taman Anggrek, et j’ai quand même remarqué que les Occidentaux s’habillent vraiment mal par rapport aux Indonésiens. » Ce jour-là, j’avais juste noté la remarque sans vraiment me la ramener parce qu’il ne faut pas abuser, j’étais pas la mieux placée pour faire des remarques de style avec mes sarouels, mes tuniques et mon manque crucial d’habits professionnels.

Mais voilà, hier on discutait avec les collègues de bureau français, et ça ressemblait à une discussion entre deux camps :

–          Certains pensaient que les vêtements des Indonésiens au mall sont ridicules : imaginez dans un centre commercial des filles à talon très haut, avec des robes très courtes, brillantes, un sac Vuitton dans une main et le Blackberry dans l’autre, qui parle très fort. Les garçons disaient justement que les filles sont extrêmement artificielles, et que c’est juste trop pour être classe.

–          D’autres, et je penchais de ce côté, disaient que c’est la seule occasion de mettre ses beaux vêtements, et que des fois en France, on est un peu oppressées par les diktats de la mode, qu’on a du mal à sortir les belles robes un peu trop courtes ou les chaussures à talon.

–          A cela, le 1er groupe répondait qu’en général on pouvait sortir la robe courte ou les talons mais qu’on ne sortait pas les talons ET la robe courte QUI EN PLUS est une robe bustier bling bling.

–          On s’accordait sur le fait qu’avec nos goûts, de toute manière, c’était bling bling.

Mais je rajouterai deux éléments personnels à ces remarques.

La société indonésienne est morcelée en de nombreux espaces, et le mall est un espace de liberté, qui, comme les boîtes de nuit, accepte la féminité. C’est en un sens un espace d’air frais pour les filles qui souhaitent d’habiller réellement comme elles le souhaitent, ce qui n’est bien entendu pas possible au bureau. Ces personnes vivent dans de nombreux espaces clos, comme la plupart des classes aisées en Indonésie : on sort de son appartement pour prendre sa voiture avec son chauffeur, rouler au mall, se faire déposer, repartir avec son chauffeur une fois son shopping effectué.  Beaucoup d’Indonésiens chinois très aisés rentrent dans cette catégorie de personnes, mais pas seulement.

Le mall, c’est aussi un endroit perçu extrêmement différemment que l’on soit occidental ou indonésien. En Europe par exemple, on reçoit ses amis chez soi pour un café, et quand on a quelques courses à faire, on va au centre commercial, on mise sur la praticité des vêtements pour aller au plus vite. Le centre commercial a rarement une fonction sociale aussi marquée qu’en Indonésie, sauf peut-être pour quelques groupes de jeunes qui viennent se retrouver au centre commercial.

En Indonésie, le centre commercial est l’endroit de la rencontre, il assure réellement une fonction sociale de rassemblement. Comme les Indonésiens ont rarement les moyens de vivre près les uns des autres, Jakarta étant juste tentaculaire, les malls sont les endroits climatisés et pratiques dans lesquels on peut se retrouver, partager un café, consommer et surtout, montrer que l’on peut se permettre de consommer. Les jeunes, plus particulièrement, en quête d’identité, se permettent des looks très osés et des vêtements dignes de shows télévisés. DONC on ne va pas au mall uniquement pour acheter une bouteille de lait, et en plus comme on ne marche que très peu, l’aspect pratique de la chaussure n’est pas une nécessité.  Et se pose aussi la question de la fonction sociale du vêtement, qui n’est pas non plus la même selon moi qu’en Europe,  ce qui renvoie également aux questions de la place de l’individu dans la société communautaire à l’extrême qu’est l’Indonésie.

Mais bon, une prochaine fois hein, parce que je dois aller au mall déjeuner avec une amie.

Masak makanan Cina!

Ce qui signifie:

« Cuisiner chinois! »

Vous ne le savez peut-être pas, mais j’habite actuellement dans une petite enclave sinisante de l’ouest de la ville, pas très loin du centre. Mes propriétaires sont supers adorables, tous les deux parlent chinois et indonésien. Et bizarrement, y’a plus de choses que je peux dire en chinois pour le moment. La propriétaire est de l’ambassade de France et elle est toujours aux petits soins avec moi.

Le week-end dernier j’avais un peu le moral dans la chaussette. Toujours pas d’appartement alors qu’on m’avait fait miroiter monts et merveilles. J’étais sur le nerfs. Mais voilà, j’ai eu l’idée de poser 100 questions à ma propriétaire, dont l’une: « Vous savez, mon plat chinois préféré, c’est les pieds de porc! J’adore ça et je rêve de savoir les faire moi-même ». Et aussi: « je sais pas comment trouver de quoi faire des xiaomay, pourtant ça a pas l’air trop difficile à faire ».

Ni une ni deux, comme c’est samedi, ma propriétaire me propose d’aller faire un tour au marché traditionnel qui n’est pas loin de là. A 6h30. Un dimanche. Bah ouais, moi je suis une guerrière, même pas peur, et trop heureuse d’avoir cette opportunité. Alors on va TOUT acheter au marché pour faire à manger, tout y compris… la viande. Paul, mon cousin, si tu lis ce message, ne regarde pas ce qui va suivre.

L’entrée du marché

L’endroit du boeuf

 

Hum, le bon poulet

Une pièce séparée pour le porc non hallal

 

Ce sont les minorités chinoises catholiques qui mangent du porc en Indonésie (ou les balinais, ou les expat’, ou les bataks)

 

Mais on ne trouve pas que de la viande au marché hein.

Le traiteur local

Les gâteaux de Medan

 

Nous avons acheté des légumes, du porc, des gâteaux. Ma propriétaire a été super mignonne car elle ne voulait pas que je sorte mon porte feuille par peur que je ne me fasse voler, mais elle n’a pas non plus voulu que je paye la nourriture au bout du compte :). Une vraie famille d’accueil.

Et donc nous voilà aux fourneaux, avec nos ingrédient frais (ou presque) parce que comme le dit ma propriétaire: « Après tout, des fois on mange des trucs pas bons, mais l’essentiel c’est qu’on n’en mange pas trop » 😀 Alors après, il faut savoir que par exemple pour la viande, chaque viande est 2e le kilo moins cher qu’à Carrefour, voire 3e. Et ça fait un écart énorme. Donc non, les indonésiens ne sont pas prêts de délaisser leurs marchés locaux.

Et voilà le résultat de mon dur labeur!

Xiaomay

 

Je suis super ravie de mes premiers pas en cuisine chinoise, et je me sens d’attaque pour mettre à contribution mon nouveau cuit-vapeur, choisi avec soin et amour à Carrefour dans l’intention unique de manger des trucs saints et pas frits (et probablement du porc pas acheté pendouillant sur un crochet :D)

Bref, pendant que certains se remettent de leur émotions je vous laisse et je vais chercher un appartement.
PS: je suis fière de mon article plein de photos :D.

Nightlife: X2

Jakarta, c’est un peu THE PLACE to be pour sortir en soirée. Je vous a idéjà fait entrevoir les nuits de Jakarta, mais je voulais entrer un peu plus dans le détail, vous faire partager plus de photos et vous donner des avis.
A commencer par mon club préféré dans la ville, à savoir X2. X2 est situé à Senayan, et est fréquenté par un public de plus en plus hétérogène d’étrangers et d’indonésiens. Le club possède une salle électro et la salle la plus grande et la plus fréquentée est celle RnB à l’étage. Le X2 a également une salle executive, à laquelle vous n’accédez que si vous avez un joli minois et que vous êtes européenne. En général, ce petit endroit est bien moins encombré, on y croise des occidentaux friqués sabrant le champagne, les filles avec des robes très courtes, et il y a surtout moins de fumée de cigarette. La fumée est l’une des raisons principales qui fait que je ne sors pas beaucoup à Jakarta. Ca me tue de respirer autant de clope dans une seule soirée.

Bref, ceci mis à part, X2 est un assez bon compromis, il faut payer 100 000Rp pour y entrer, être assez bien habillé si vous ne faites pas partie d’un groupe d’occidentaux. J’aime bien la décoration, et le prix des consommations est assez correct. Je bois peu en soirée donc je ne peux pas tout à fait vous faire un détail.

Cet endroit n’est pas l’un de ceux où on trouve des prostituées de partout, ce qui est aussi à l’avantage d’X2, le rendant moins glauque de d’autres boîtes. La boîte est ouverte jusqu’à 5h je crois.

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Brève

Ce que j’aime ici.
Le fait que même quand je suis seule, je ne suis pas tout à fait seule. Je viens de me poser au Starbucks pour prendre un peu de temps pour mettre à jour le blog et… au bout de quelques minutes, l’équipe est venue me présenter leur nouveau café, mais en fait, ils étaient surtout intéressés pour taper la discussion. Hors, ça tombe bien, il faut que je travaille dur mon indonésien ! D’ailleurs, je vais vous faire part d’un accomplissement du jour ! Je suis ENFIN parvenue à passer un coup de fil en Indonésien sans que ce soit catastrophique. C’est donc requinquée que j’entamerai demain ma prospection.  C’est fou, les boulots, plus tu les maitrises et plus t’y prends du plaisir. Je vais aussi me donner les moyens de rencontrer toutes les personnes que je souhaite/dois rencontrer ici, dans le domaine du social business. Parce que c’est pas le tout, mais j’ai comme un mémoire à écrire !