Brève Peut-être suis-je trop Française?

Bonjour tout le monde, c’est enfin le week-end pour moi, je rentre tout juste de Carrefour où je suis allée faire quelques courses pour mes petits-déjeuners de la semaine à venir. Je suis fort heureuse de pouvoir vous raconter ma journée d’hier, parce que franchement ça valait son pesant de cacahouètes.

Hier, vendredi, jour de réunion matinale entre les juristes, nous avons lamentablement raté notre coup avec Ivor. Celui-ci avait oublié ses clés de KOS la veille, il n’a pas pu rentrer chez lui avant 3 heures du matin, chose qui n’est jamais pratique quand on doit se lever tôt le lendemain. Bref, il est donc arrivé avec pas mal de retard, mais le vendredi, le retard, à Jakarta, ça ne pardonne pas. Nous avons mis plus d’une heure et demie pour parcourir le dernier minable kilomètre qui nous reliait au bureau dans un embouteillage absolument monstrueux. Ca bouchonnait sur des kilomètres et des kilomètres, tout le monde était à l’arrêt, personne pour faire la circulation, bref, l’horreur. En plus, au milieu de ce bourbier gigantesque, les énormes voitures qui bouchent la route comme pas permis… Enfin, heureusement, nous avons eu de la chance dans notre malheur, un motard enragé a décidé de prendre les choses en main, en hurlant et en tapant sur les motards et voitures qui n’étaient pas là où elles devraient être et il a décidé de faire la circulation. Tout cela sous une chaleur insoutenable et dans les fumées de pots d’échappement. Au final, nous ne sommes arrivés qu’avec 15 minutes de retard au travail. Tout le monde était habillé en blanc, tout le monde, sauf moi, bien sûr, et Ivor et le boss. Puput quant à elle est actuellement à Sulawesi car elle a perdu son grand père. Alors je demande à Jerry discrètement (oui car maintenant je travaille dans le bureau de Jerry les jours où des clients viennent): « hum, Jerry, vendredi dernier, tout le monde était en Batik, et cette semaine tout le monde est en chemise blanche… J’ai raté un épisode ou bien? ». Jerry m’explique donc: « Aujourd’hui, on fait juste les photos pour le site internet du cabinet ». « Ah! ». Bon, j’apprends plus tard qu’Ivor avait juste totalement oublié et que le boss avait deux tenus pour l’occasion. Mais ce que je ne savais pas, jusqu’au dernier moment, c’est que ce n’était pas un photographe qui venait, mais nous qui allions au studio dans un mall du coin. Bon, bien sûr, ça on me le dit une fois en voiture alors que je pense juste qu’on va au restaurant. Argh, j’adore être tenue au courant. Le petit imprévu, c’est que le studio que nous avons réservé n’est pas convenable, il faut aller à l’autre studio du mall, plus coûteux, et le photographe n’arrive qu’à 15h. Nous avons plus de deux heures à tuer dans le mall, entre collègues. Avec les filles, nous faisons une expédition Batik. En effet, si je n’ai qu’une chose à acheter ici, c’est bien un vêtement en Batik traditionnel, que je pourrai mettre le vendredi. Le souci, c’est que le bon Batik un peu moderne coûte extrêmement cher. Les garçons sont allés parler business au café, avant de les rejoindre, nous passons chez Sour Sally, une chaîne de yogourts glacés super sympa. Et puis nous allons parler cuisine et Asie au café. Les filles sont adorables, elles veulent m’amener au restaurant italien, me faire découvrir la cuisine Coréenne… Jerry me dit qu’elle m’invite pour le week-end prochain, on va donc peut-être se faire une grosse opération entre filles.

Bref, le temps passe, nous allons ensuite au studio, où tout le monde se prépare pour se faire photographier. Moi, j’attends tranquillement dans un coin, sauf que, ce que je ne savais pas, c’est qu’ils m’ont demandé de faire partie de quelques photos, dont celle qui va être en couverture d’album. Bien sûr, on ne m’a pas prévenue, alors j’ai beau avoir une veste de tailleur, je ne suis presque pas maquillée, cheveux pas lavés, vêtements pas terribles… bref, un brin catastrophique. Et puis tout le monde veut que je fasse une photo avec Ivor et une avec le Boss et Ivan.  Nous finissons tranquillement, Eddy et Helen partent au bureau et nous avons la dure tâche de choisir les photos à retoucher sur PC. Sauf que voilà, au bout du compte, nous rentrons à 17h au bureau. Alors, là, c’est le moment où tout le monde se dit: Ah chouette, ça fait une petite journée.

Que nenni mes amis! En fait, la journée commence, et nous restons au boulot jusqu’à 21h30. Et mieux encore, le Boss me convoque à 20h alors que je commence déjà sacrément à comater: « Helen et toi, vous allez devoir me rendre un boulot pour lundi ». Gnéééééé? « Oui, on a un client qui a appelé, il veut qu’on remanie un agreement pour l’équilibrer en sa faveur, sauf que c’est de la franchise, il faut vraiment que vous analysiez l’agreement actuel dans son entier, que vous me fassiez dès lundi vos remarques et suggestions tant d’un point de vue légal que commercial, tout ça sous power point. » Mais, euh, c’est-à-dire que là, il est 20h vendredi, psychologiquement, c’est indécent. Mais en réalité, je suis vraiment contente d’avoir un travail de ce type à faire, c’est un projet intéressant!! Donc comme une bonne petite écolière, je ne pipe point mot, je pars directement chercher les textes qui s’appliquent à ma situation. Il faut que je parte avec tous les documents, c’est-à-dire l’agreement en entier, le résumé de l’agreement, les notes du client, notre support exemple (américain? qu’est-ce que des documents américains font là?) d’agreement de franchise, les textes applicables. Héhé, moi qui voulais bosser sur mon mémoire ce week-end, il va falloir que j’organise bien mon temps, que je ne fasse pas la fête et que je dorme bien.

Ca commence mal, en sortant du boulot, on décide d’aller manger avec Ivor vers Sarinah. Question de marquer la fin de semaine, en plus il part sur Sumatra la semaine prochaine pour plaider à la District Court sur un cas de bankrupcy. Nous dégustons des kerupuk et un nasi gila extra, avec un bon thé sans sucre. Ne vous inquiétez pas, je vous dis que la brève culinaire arrive à grands pas. Comme on est un peu monomaniaques, on parle de droit, encore et encore, devant un café chez Starbucks, comme le Melly’s est bondé, et il me permet de comprendre énormément de choses, y compris concernant le développement d’une stratégie légale au niveau des cabinets d’avocat. Et puis on parle également du fait que niveau immigration, c’est un peu la dèche pour moi. Il me dit qu’on va tout arranger, qu’il faut pas que je me prenne la tête, qu’on fera une délégation et peut être même que je peux étendre mon visa socioculturel grâce à une copie de passeport en envoyant Mukres ou Fendi à l’Immigrasi. Bref, comme il me le dit: « Tu sais, concrètement, les problèmes de droit, ça nous connaît plutôt pas mal ».  Enfin, ça m’a fait du bien de passer psychologiquement en « mode week-end », même si je ne sortirai sans doute de ma chambre que pour aller manger un petit nasi goreng.

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