Premier jour de stage, où comment passer de la déconfiture au contentement

Bonjour bonjour,

Comme je n’avais pas mon appareil photo aujourd’hui, j’agrémenterai ce post de photos qui n’ont rien à voir et que j’ai jamais pu caler nulle part :). C’est un nouveau concept.

Doooonc, roulement de tambour, aujourd’hui, je me lève à 6h pour aller au boulot, après une nuit sans trop avoir dormi. En effet, je suis stressée par le fait de ne pas avoir de réveil matin avec moi, cela fait que je me réveille toute les heures environ. Enfin, 6h, je me lève, je prends une heure pour me préparer, vérifier mon adresse, et zouh, me voilà dans le taxi.

Normalement, en taxi, on avait estimé qu’il faudrait 20minutes, et si c’est le cas, je serai sacrément en avance, mais avec la circulation à Jakarta, on est jamais trop prudent. Me voilà donc dans le taxi. Sauf qu’ici, les taxis n’ont pas de communication avec les autres taxis, et ils ont encore moins un GPS. Et voilà, vous vous en doutez, la vérité, c’est que 50 minutes de route plus loin, j’étais toujours dans le taxi, et fulminante je peux vous l’assurer. Était-ce moi ou lui? En tout cas, je ne pouvais pas me permettre de dépenser 10E de transport par jour!!

Au bout du compte, je suis quand même arrivée au boulot, et cela avec une demie heure d’avance. Mais bon, heureusement que j’étais pas pressée! Je vous le dis, je suis arrivée par très très contente. Le bâtiment du bureau est très beau, la classe. Après, je monte au 3e étage, suite 304… Et là c’est moins classe. Il n’y a personne au bureau semble-t-il. Alors je vais attendre dans un endroit où je peux me poser. Une jeune femme sort de l’ascenseur: « Stéphanie? » Ahhh, Helen vient d’arriver! Elle m’amène au bureau et m’installe dans la salle de réunion. Le bureau est tout petit, une petite salle de réunion, une petite salle principale, un petit bureau et un petit bureau un petit peu moins petit pour le boss. Tout le monde arrive au fur et à mesure, et je peux voir que les juristes de ce cabinet sont plutôt jeunes. Enfin, M.Leks, mon boss, arrive. Grand, beau, jeune, je lui donne moins de 40 ans.

« Stéphanie, j’espère que tu ne nous en voudras pas trop si nous menons la réunion en Bahasa »

Euh… Bah euh c’est à dire que je n’ai pas dormi, que je me suis galéré à venir, et qu’en plus je vais rien capter? Heureusement, la réunion n’est pas longue. Mais voilà, maintenant, je me retrouve à ne rien faire au bureau… Il y a quelques textes législatifs à traduire, enfin, il faut faire une relecture. Mais voilà, comme je n’ai pas les originaux, je ne fais que de la correction de grammaire de base selon ce que je comprends de l’anglais parfois un peu claudiquant de mes collègues. Bref, ma vie jusqu’à 12H n’est pas chouette, d’autant que mes collègues me font remarquer que ça serait mieux pour moi de déménager… Mais voilà, aussi bête que cela puisse paraître, quand vous arrivez quelque part, que vous n’avez personne, et bien vous vous construisez des repères, et en l’occurrence, je ne me vois pas du tout partir du KOS où les gens sont accueillants et qui est située tout près du centre ville pour aller m’enterrer dans Kembangan Selatan, un quartier aussi glamour que Franfouet (François, si tu nous lis…).

Bref, l’heure de la pause sonne, et j’ai déjà eu le temps d’envoyer des mails de désespoir un peu tout autour de moi, envisageant même la possibilité de trouver dans l’urgence un autre lieu de stage.

Mais voilà, entre temps, il y a la pause du repas. Il y a le jeune et dynamique M.Leks, qui me pose plein de questions sur la France, sur Nicolas Sarkozy, sur la fréquentation des églises… Il y a Helen, 23 ans, drôle et pleine de vie. Elle n’arrête pas d’envoyer des pics à Jerry, une petite trentaine, partner. Et puis il y a les autres filles, et la petite stagiaire Puput. Nous mangeons un super canard Indonésien dans un restaurant juste à côté, avec du tofu, des abats, des légumes, des galettes de mais, de la pastèque. « Stéphanie, t’es au régime? Tu ne manges rien, je croyais pourtant que les rations en Europe, c’était du costaud! ». Bah Stéphanie fait ce qu’elle peut hein ^^. J’ai pris de tous les plats quand même!

Je ne sais pas pourquoi, mais quand je reviens, je vais mieux. Je m’assois donc tranquillement, et j’attends que M.Leks ait un moment à m’accorder pour que l’on parle de ce que je vais faire pendant mon stage.
 » Bon, dans un premier temps, je voudrais que tu fasses des relectures des articles que nous mettons en ligne et que nous adressons à nos clients ». Je lui dis alors que j’aimerais être impliquée dans un projet, je lui demande si ils travaillent bien en Anglais, quel est la part de résolution de litige et de conseil, s’ils ont des clients étrangers…

Leks & Co est un petit cabinet, mais ils ont beaucoup de travail, il y a 50% de résolution de litiges et 50% d’activité conseil. Dans ces 50% de conseil, 50% est en anglais pour des entreprises étrangères. Ouf, je suis sauve, j’ai vraiment eu peur, je me voyais déjà happée par le Bahasa à ne rien comprendre. Pour mon activité, il me faut un projet. Et bien très bien, il faudra que j’apprenne à travailler en anglais technique sur des avants projets de contrat avec les clients. Pour ce faire, M.Leks me laisse du temps pour l’immerger dans les ouvrages en anglais (et tous à jour) du bureau. Pendant ce temps, je devrais m’entraîner à faire les relectures des articles pour m’habituer au vocabulaire, à la manière de présenter les articles. Je passe le reste de l’après-midi la tête dans les livres, et j’ai hâte de me faire des fiches, car la simple lecture de ces bouquins forts bien fait va me donner un aperçu global du droit Indonésien, comme chaque chapitre est dédié à domaine du droit.

Oui, mais voilà, plein de questions restent en suspend. Quelles sont les sources du droit? Et comment sont organisées les Courts? Pourquoi y a t-il autant de choses qui s’appuient sur des décrets. Je demande à Hélène de m’expliquer. Malgré le fait que nous soyons dans une petite structure, l’ambiance est détendue, et tout le monde prend le temps de m’accorder du temps, de répondre à toutes mes questions. Par exemple, maintenant, je connais la hiérarchies des normes indonésiennes, et je sais comment s’agencent les Courts. Je me plonge surtout dans le droit de la propriété, car c’est le vocabulaire que je devrais maîtriser sur le bout des doigts. Saviez vous que la double nationalité Indonésienne n’est pas possible? Lors d’un mariage, chacun doit choisir sa nationalité, et l’Indonésien qui choisirait la nationalité de son partenaire se verrait retirer son « right to own »: en définitive, il n’aurait plus le droit le posséder un terrain. Le « Right to own » n’est possible que pour les Indonésiens. Une entreprise étrangère ne peut qu’utiliser des locaux, elle n’a pas le droit de les posséder. Le droit du travail semble également très intéressant, comme de nombreuses mesures visent à assurer le transfert de savoir: une entreprise étrangère, si elle recrute du personnel étranger, doit pour certain postes doubler le poste et y mettre un Indonésien.

Je trouve même les références du lawyer qui a écrit le livre, et je lui adresse un email pour savoir s’il serait en mesure de m’aider à trouver un sujet de mémoire, même si j’ai déjà une vague idée de ce que je peux faire.

Un instant intéressant de la journée, ce soir: mon collègue me dit: « Cela ne fait que depuis un an que je travaille chez Leks & Co, et si j’ai choisi de venir ici, ce n’est pas par hasard: ici, on traite de gros dossiers, on a toujours des boulots intéressants et stimulants, nous avons des clients importants. Un jour, j’ai appelé M.Leks pour savoir si je pouvais travailler avec lui, il m’a dit de venir directement, et depuis, je suis là. Mais dès septembre, nous déménageons et nous installons les locaux de l’entreprise dans le Sud, là où tous les grands cabinets sont localisés. »

Leks & Co a été élu meilleur cabinet en droit immobilier et propriété foncière en cette année 2011, et j’ai l’impression que tout le monde veut que cela se passe bien pour moi, chose qui est réconfortante.

Ah, et en bonus: mon collègue m’a raccompagnée chez moi comme il habite sur la route, et il vient me récupérer demain. Il semble que même mes problèmes de transport trouvent (temporairement) une solution.

Pour Sandrine, je sais pas si c'est cette robe dont tu voulais le détail

Nyumuk 10 - 0 Stéphanie

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Une réflexion sur “Premier jour de stage, où comment passer de la déconfiture au contentement

  1. Merci pour la photo ! C’est la robe de gauche que j’avais repérée, je la trouve plutôt belle…
    T’as bien fait de patienter que ton 1er jour se passe, qd on arrive dans un boulot, ou un stage, les 1er jours sont parfois un peu flottants… Mais ça a l’air de bien se présenter… PS: il est célibataire, ton boss ??? Tu nous donneras une photo ???

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