Une excursion chez Carrefour! (coût de la vie à Jakarta)

Aujourd’hui, je me réveille assez tard car il me faut beaucoup de temps pour m’endormir. C’est donc un peu avant 10h que j’émerge. Je me prépare assez rapidement car je dois aller vérifier quelques informations sur internet: en effet, aujourd’hui est un grand jour, je renoue avec la France de deux manière: ce soir, je rencontre des Français de Jakarta, avec lesquels je vais boire un verre dans un bar sympa nommé le Melly’s, mais avant cela, comme tout bon patriote qui se doit… Je vais faire mes courses à Carrefour.

Et oui! Carrefour est partout dans les grandes villes du monde, et je dois avouer quelque chose. Ils sont stratégiquement très forts. Trente-trois Carrefour sont implantés à Jakarta, dont un pas très loin de chez moi. Enfin, pas très loin… Assez loin pour que je doive me trouver un moyen de transport pour l’atteindre. Le « taksi », c’est chouette et climatisé mais c’est cher. Enfin, nous parlons à échelle Indonésienne: il faudrait que je compte 2e l’aller en taxi, et ça fait toujours un peu mal au cœur quand on commence à s’habituer à la vie locale, car 2e c’est un bon repas. Il semble que les mini bus n’aillent pas à Duta Merlin, alors je me rabats sur un moyen de transport que je n’ai jamais pris, mais qui risque de devenir un grand favori: l’Ojek!

Bon, en gros, c’est un tutuk à l’Indonésienne, ça pétarade que ça n’en peut plus, on se demande de quoi est fait le moteur,  mais ça a le mérite d’être assez stable, pas trop cher. Enfin, pas trop cher… quand on marchande. J’ai eu la chance avant de partir, de demander à combien allait me revenir le taxi. Au KOS, on m’a dit: payes ton taxi entre 15 000 et 25 000 roupies. Et là, le conducteur de l’Ojek me demande 20 000. Je fais un peu la tête, lui sous entend que ça, c’est le prix d’un taxi, que la destination n’est pas lointaine. On s’entend pour 12 000 roupies. Morale de cette histoire: être renseigné est un plus, mais même à 12 000 roupies je ne suis pas certaine que ce soit le prix juste. Enfin, en bonne Occidentale, c’est normal que je débourse plus, et surtout, le marchandage est un jeu, une vraie mise en scène à laquelle on se doit de participer activement, même si le prix de base nous convient. Au final, au lieu de payer 4E en taxi aller-retour, j’ai payé moins de 2E.

J’arrive donc à Carrefour, et pour ceux qui ne connaissent pas les Carrefours d’Asie, la stratégie commerciale du groupe est digne d’intérêt. Chaque Carrefour cible les besoins spécifiques de la population du territoire sur lequel il s’implante. Par exemple, à Taïwan, j’avais Carrefour à côté de la maison, et il y avait un immense rayon Fondue Taiwanaise (Huo Guo), qu’on imaginerait mal dans n’importe quel autre pays du monde mais qui, pour le coup, colle parfaitement avec Taïwan. Pour l’Indonésie, c’est exactement la même chose. D’une part, je suis frappée dans un premier temps par la taille du lieu. 7500m² le magasin, ce n’est pas une petite superficie. Et tout est très espacé, ce qui est peut-être du à la grande fréquentation du lieu. En tout cas, c’est extrêmement propre. Et le magasin commence avec un immense rayon fruits et légumes. En Indonésie, les « Buah » (fruits)  sont nombreux et délicieux. L’avocat est considéré comme un fruit et il est possible de boire des boissons sucrées à base d’avocat.

Pour ma part, comme j’ai la chance d’avoir un réfrigérateur chez moi, j’achète une mangue et de la pastèque. Il y a plus de 6 sortes de « manggas » (mangues), des fruits qui me sont absolument inconnus, mais aussi des pommes, des bananes.

Plus loin, je suis surprise par le rayon piment, qui comprend une bonne dizaine de sortes de piments, de toute taille, verts, rouges…

Et enfin, je souris devant le rayon riz, où l’on peut choisir son riz disponible au détail. Le riz, c’est sacré en Indonésie. C’est l’aliment de base, et tous mangent du riz. Moi, ça me va bien, j’adore ça. Là où ça se complique un peu, c’est que le riz, en Indonésien, peut être exprimé de plusieurs manières: « Nasi » est le riz préparé à manger (nasi putih = riz blanc, nasi goreng = riz frit etc etc). Mais « Padi » désigne le riz de la rizière, « Gabah » le grain de riz pas encore mûr, « Beras » est le riz décortiqué tel que vendu au marché. Bref, la langue est représentative de l’intérêt qu’on porte à une chose. Si les Inuit ont de nombreux mots pour désigner le blanc, les Indonésiens, eux, nomment et s’approprient le riz qui est ici largement roi des aliments.

Je continue mon voyage fantastique dans les rayons, il y a même un traiteur restaurant en plein milieu de Carrefour: ça tombe bien, il est midi, je commence à avoir faim. Et le lieu est hautement fréquenté, car la nourriture est bonne et très bon marché: j’ai payé mon plat de riz, légumes sauté et poulet 70c d’euro. J’achète des céréales, qui sont ici très chères car ce sont des produits d’importation. Mais j’ai besoin de quelque chose de rapide à manger et de nourrissant pour le matin dès que je vais commencer mon stage. Les Indonésiens sont de gros consommateurs de café et de thé, des rayons entiers leur sont consacrés, et j’adore personnellement les canettes de café Nestlé, comme je n’ai pas de bouilloire chez moi, ni de machine à café.

Comme dans d’autres pays Asiatiques, les Indonésiens sont atteints de sursaccharosite aigüe… Bref, ils bouffent trop de sucre. Je n’ai jamais vu un rayon sucreries aussi énorme de ma vie. Il y a des centaines et des centaines de gâteaux, et ici, l’Oreo de chez Kraft semble indétrônable. Puis viennent les produits de beauté… Attention, Européennes en voyage, venez avec vos montagnes de tampons, car dans des pays un peu plus conservateurs, ils sont tout bonnement introuvables.

Étage suivant, tout aussi grand, avec tous les produits non alimentaires hors produits de beauté, je passe rapidement, je n’ai besoin que d’un cahier d’exercice simple. Mais une chose attire ma curiosité: ce foutu rayon Japon. Car oui, je le rappelle, les Néerlandais on colonisé l’Indonésie, les Anglais ont été dans le coin également, mais pendant la seconde guerre mondiale, tout ce beau monde s’est fait dégagé par les amis Japonais impérialistes expansionnistes. Sauf que, un peu moins qu’à Taïwan certes, le Japon a tout de même laissé une empreinte assez profonde, trouvant en Indonésie un pays consommateur de ses produits. C’est frappant concernant les voitures! Bon, résumons rapidement, une voiture en Indonésie, c’est pour des gens riches. Mais quand on est riche ici, on est très riche. Il y a de grands écarts de répartition des richesses, et donc nos très riches Riches aiment acheter de grosses voitures 4*4 (comme ça on ne meurt même pas étouffés en heure de pointe et le 4*4 ne consomme absolument pas d’essence c’est bien connu). Les Riches² achètent donc Japonais (Honda, Nissan…) et Coréen avant tout. Pas de voiture française, quelques Mercedes, Chrysler…

Oh là là, ça se voit que je n’ai pas prévu grand-chose cet après-midi, je vous inonde aujourd’hui. Bon, disons que j’arrive à la caisse. C’est marrant car une vieille dame avant moi a acheté des nouilles des biscuits et du café en grande quantité, sans aucun doute pour les revendre dans son étal de rue. Avant de partir, question de parler de coût de la vie, je vous fais un topo de mes achats:

–          Un sac en tissu pour aller faire mes courses dans le futur (je refuse d’être complice des horreurs environnementales que je vois ici)  32900 R =  2,74E

–          Céréales 220g 14820R = 1,20E

–          Après-shampooing 15000 = 1,20E

–          Cahier 27900R = 2E

–          Dentifrice = 2760R = 20c

–          2 gels désinfectants 8000R = 80c

–          1 coupe ongle 11900R = 1E

–          2 paquets d’Oreo 11000R = 90c (grosse blague, c’est super cher en France)

–          3 canettes de nescafé 15000 = 1,2E

–          Pastilles pour haleine fraîche 5000 = 40c

–          Mangue Gedong 7500R = 60c

–          Blanc effaceur 3720R = 30c

–          Jus de goyave 1,5L 18900 R = 1,5E

–          Jus de grenade  1,5L 18900 R = 1,5E (zut, j’étais sûre que c’était un acheté un offert :/)

–          Produit pour laver vêtements 8,400 = 80c

–          Jus de Tamarin 4000R = 30c

–          Pastèque 9000R = 80c

Vous remarquerez le prix de mon geste environnemental et de mon erreur de jus de fruit, sinon, en tout j’ai payé mon cadi 18E.

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